Idées

Une vision qui ne s’exécute pas n’en est pas une

Une vision ne vaut que si les équipes peuvent la suivre: une exécution fidèle et praticable, une trajectoire pragmatique plutôt que de jolies idées intenables

«Au CTO la vision, au directeur technique l’exécution.» La répartition est commode: elle range chacun dans sa case et donne à chaque case son livrable. Elle a pourtant un défaut: chacun peut réussir sa moitié pendant que l’ensemble échoue.

De jolies idées que personne ne peut suivre

Une roadmap qui ne vit que dans des slides et une méthode appliquée nulle part ne font pas une vision. Elles en ont la forme: des horizons, des priorités, des schémas cibles. Mais ce sont de jolies idées, impossibles ou trop difficiles à suivre pour les équipes chargées de les porter.

Une vision se juge à la trajectoire qu’elle trace, et non à ce qu’elle annonce

Une exécution qui ne mène nulle part

L’inverse ne vaut pas mieux. Un dépôt de bibliothèques et un méli-mélo d’outils ne font pas une exécution tangible. Ils occupent les équipes et produisent des commits, mais n’apportent de valeur ni au client ni à l’entreprise, faute de savoir à quoi ils servent.

Une trajectoire que les équipes peuvent suivre

Une vision tient lorsqu’elle s’appuie sur une exécution à la fois fidèle et praticable. Fidèle au cap, pas à la lettre du plan. Praticable, parce qu’elle part de ce que les équipes savent faire aujourd’hui et avance par étapes réalistes. La mise en œuvre reste alors pragmatique et possible: une trajectoire que les équipes suivent pas à pas, plutôt qu’une destination qu’on leur montre de loin.

C’est ainsi que je travaille quand j’accompagne les DSI dans leur transformation: de la stratégie à l’exécution, sans passage de relais. Convaincre la direction du pourquoi, convaincre les équipes du comment, et rester jusqu’à ce que le résultat se voie.